“Naval” vogue dans le Bas-Saint-Laurent jusqu’au 1er septembre

Françoise Boudreault

Le Cirque de la Pointe-Sèche présente sa première création dans un lieu inhabituel, proche de la populaire Kamouraska. Naval a le vent dans les voiles et cette réalisation originale, autant qu’un très bon spectacle, est un un projet de longue haleine plein de promesses pour toute une communauté. 

À Saint-Germain de Kamouraska, le Cirque de la Pointe-Sèche a installé ses pénates et l’espace spectaculaire de Naval a fait l’objet d’aménagements considérables. Avant la représentation, on se rend au site par une passerelle en bois qui assure une accessibilité pour tous les âges, incluant les personnes à mobilité réduite. De chaque côté de ce sentier, des personnages déambulent ou évoluent acrobatiquement dans de jolis tableaux en mouvement qui créent une ambiance poétique pendant que la nuit tombe. 

Les spectateurs prennent place dans des containers de métal disposés en sections autour de l’espace. Aucune place n’est vraiment loin de l’action de Naval. Si pour un spectacle dans un grand amphithéâtre, on paie jusqu’à 85 $ / 56 $ (une famille avec un ou deux enfants, ça monte vite) pour se retrouver loin dans les gradins, le prix du billet au Cirque de la Pointe-Sèche n’est pas si cher. Une navette en partance de Kamouraska est même offerte ! Et non seulement les spectateurs sont bien avertis de s’habiller en fonction de ces sacrés maringouins et autres insectes voraces bien présents, mais des vaporisateurs de chasse-moustiques sont mis à leur disposition sur place. Touche finale et non la moindre : un moustiquaire devant chaque section empêche un maximum d’insectes de vous atteindre ! L’espace de Naval est grandiose avec sa paroi rocheuse en toile de fond, un sol de sable et de rocs et le ciel étoilé comme plafond. Et la représentation n’est pas encore commencée !

Avec sa thématique maritime, Naval donne à voir un capitaine et son acrobatique équipage travaillant à la construction et au gréage d’un bateau circassien avec un mât... chinois. Une slackline courte s’installe sur cet esquif berçant pour le numéro de Guillaume Fontaine dont on applaudit aussi la performance de funambule, au-dessus des spectateurs. Le numéro de corde lisse, prestement performé par Vincent Arpin, excellent acrobate, et celui de filet aérien par Zoé Sabattier, qui utilise sa voix, conviennent tout à fait au paradigme maritime. Un mouchoir manipulé par le capitaine devient la voile d’un petit navire imaginaire. Après avoir servi à tirer l’acrobate et son appareil, la longue traîne qui vole quand la trapéziste se balance, devient ensuite la voile du bateau. La structure d’accrochage pour le trapèze, fixée dans le roc, impressionne et le cadre naturel de ce numéro lui confère une ampleur unique. Un bon mot pour l’aérienne Anne-Fay Audet-Johnson, qui performe aussi dans les équilibres sur cannes.

Deux musiciens assurent en direct la musique tonique et dynamisante de Naval et leur cabine se déplace sur la plateforme au bas de la paroi rocheuse au cours du spectacle. La chorégraphie de la séquence à la verticale sur la paroi rocheuse, avec ses intéressants contrepoids, ses mouvements d’escalade et de rappel, gagnerait à ajouter un vocabulaire gestuel ou dansé plus élaboré.

À l’origine du projet, Elyme Gilbert et Stephanie Friesinger ont rassemblé avec brio une équipe de concepteurs et une troupe polyvalente d’artistes de talent, dont plusieurs diplômés de l’école de cirque de Québec. Il faut souligner que les immenses fresques nautiques peintes sur l’extérieur des containers ajoutent au cachet de la place. 

Si vous n’allez pas voir Naval cette année, à l’affiche jusqu’au 1er septembre, planifiez cette destination pour l’an prochain. Avec son caractère distinctif et son espace unique Le Cirque de la Pointe-Sèche est bien ancré à Saint-Germain de Kamouraska et le spectacle vaut le déplacement ou le détour.

FacebookTwitterGoogle plusShare